Souffrance dans les banques : les salariés de BPCE en grève

Publié le 25/03/2015 à 10H53
Mardi 24 mars 2015, les salariés du groupe BPCE (Banque Populaire, Caisse d'Epargne) étaient en grève. Politique de rémunération, dégradation de la qualité de service, érosion des effectifs, précarisation des situations et des salariés, pression commerciale, course aux ratios, conditions de travail, souffrance, non respect de la personne : autant de raisons du ras-le-bol des salariés.

Après avoir fait signer une carte pétition adressée à François Peyrol, le président du directoire du groupe BPCE, les organisations syndicales, CFDT en tête, ont décidé d'appeler les salariés à se mettre en grève.

Dans la région, avec plus de 200 salariés présents à Nantes, mais aussi dans d'autres villes de la région, le mouvement a été bien suivi. Ceci dit, la seule anonce de la grève, portée par toutes les organisations syndicales, a mis les dirigeants du groupe en effervescence. Certains employeurs locaux ont tenté de désamorcer le mouvement en faisant des propositions salariales améliorées...

Ce changement d’attitude révèle le désarroi et l’inquiétude de patrons qui prennent conscience de l’ampleur de la colère du personnel.

Deux messages sans équivoque ont été adressés aux directions :

  • Les conditions de travail que vous nous imposez mettent en péril notre santé et dégradent le service à nos clients ! Il est primordial d’ouvrir des négociations pour inverser cette dérive.
  • Les aumônes salariales que vous nous accordez sont inacceptables et scandaleuses au regard de vos propres émoluments. Il est impératif de réviser la politique salariale du groupe, avec notamment des augmentations générales pérennes et la revalorisation des bas salaires.
Ils étaient 400 devant le siège de BPCE à Paris et 300 devant celui de la Banque Populaire Atlantique à Nantes. Plus de 40% de gréviste et 22 agences Banque Populaire de fermées dans la région (Bretagne Pays de la Loire).

Des négociations ont été menées entre l'intersyndicale BP ATL et la Direction Générale (le DHR, le Directeur Général et Claire Josnin), concentrées sur les conditions de travail et la rémunération. En attendant la réception du PV de Sortie de Grève, de l’Avis que le CE devra émettre aujourd’hui en séance plénière sur le Projet d’Accord des NAO locales et sous réserve des modalités d'applications techniques, voici les résultats concrets obtenus :

Conditions de travail

- Baisse de 20 % des objectifs commerciaux (les commerciaux bénéficieront d'une journée par semaine sans RDV pour pouvoir gérer l'administratif, la conformité et se former aux nouveaux canaux/outils),

- Création de postes : 1 collègue avec profil commercial particulier sera à mis à la disposition de chacun des 6 DR pour soutenir les absences dans les agences (cela est un début),

- Gel de la baisse des effectifs dans le cadre de Phase 1 pour le siège jusqu'à la fin de l'année (20 postes de travail étaient concernés),

- Suppression de la "batonite" : fin des Challenges commerciaux en région du type facélia + des reporting hebdo Excel des ventes destinés aux DR,

- Neutralisation des objectifs au-delà de 60 jours d'arrêt de travail cumulés sur 1 agence ou 1 service du siège (sur l'année civile),

- Un point sera réalisé à la Direction, à la fin de l'année, sur l'ajustement des effectifs en cohérence avec la charge de travail

Rémunération

- Dans le cadre des NAO locales ré ouvertes pendant ce mouvement social, attribution d'une enveloppe d'environ 600 K€, permettant d'attribuer une augmentation générale pérenne de 250 € brut annuel par salarié (pour mémoire à l'ouverture des NAO locales courant 2014, l'enveloppe était de 200 K€, nous avons donc obtenu son triplement),

- Enveloppe de 20 K€ dédiée à l'Egalité-Professionnelle,

- La journée de Grève sera payée par la Banque à tous les collègues.

Le "package" global obtenu est une véritable victoire. C'est la victoire de tous les collègues qui sont se mobilisés, de ceux qui n'ont pas fait grève mais qui soutenaient ce mouvement, de tous les adhérents et enfin à des élus nationaux et locaux qui se sont fortement mobilisés sur cette action nationale et locale, largement couverte par la Presse.