Euro engineering Nantes : les salariés en colère !

Publié le 03/02/2015 à 16H35
Le 30 janvier 2015, les salariés d'Euro engineering, filiale de prestation de services d'ADECCO, étaient en grève. Ceux de l'agence de Nantes (100 salariés) étaient, comme leurs collègues des 12 autres implantations, en colère sur le sujet du dialogue social et des salaires.

Dans un contexte économique particulièrement favorable pour l’entreprise en 2013 et 2014 (forte croissance du Chiffre d’Affaire et de la marge directe), le dialogue social, déjà très difficile, ne permet pas aux partenaires sociaux de conclure des accords d’entreprise, que ce soit dans le cadre des NAO ou pour les autres négociations obligatoires comme l’égalité professionnelle par exemple.
Avec une politique sociale minimaliste et un dialogue social de façade, le groupe ADECCO pèse lourdement sur les mesures négociées entre les partenaires sociaux dans les entreprises du groupe et impose ses décisions à tous les responsables de ses filiales.

Bilan social Salaires : Aucun accord NAO signé depuis 4 ans. Alors que les Organisations Syndicales exigent des négociations portant sur des augmentations générales, la direction persiste à ne proposer que des augmentations individuelles au mérite. A deux reprises, en 2013 et en 2014, les négociations engagées entre la direction d’euro engineering et les organisations syndicales pour mettre en place un accord d’intéressement ont été arrêtées par la direction sans explications convaincantes de sa part. Depuis 3 ans, les parts variables et les primes diverses, versées en grande partie aux commerciaux et autres responsables augmentent dans des proportions importantes et se substituent aux augmentations de salaire.

Emploi : Avec un taux de turn-over de plus de 40%, et compte tenu de son activité basée principalement sur la prestation de service, euro engineering recrute en permanence de nombreux collaborateurs pour répondre aux demandes de ses clients. La politique de l’entreprise est orientée vers une flexibilité maximum avec des embauches en CDI réservées aux Cadres et des embauches en contrats précaires (CDD, CDIC, Intérim) pour les autres catégories de personnel (Techniciens et Employés).

Conditions de travail : La grande majorité des salariés travaillent chez des clients. Depuis plusieurs années, pour palier à la défaillance de certains clients géographiquement proches et pour trouver d’autres marchés, le rayon d’action de l’entreprise s’est élargi. Les distances parcourues par les salariés pour se rendre chez leurs clients augmentent, contribuant ainsi à la dégradation de leurs conditions de travail. Les difficultés récurrentes auxquelles sont confrontés beaucoup de salariés pour la prise en charge de leurs frais de déplacement ont des conséquences non négligeables sur leurs revenus. Avec la mise en place en 2011 du forfait jours pour tous les cadres, et sans contrôle par l’entreprise du temps de travail réel de ses salariés, un grand nombre de collaborateurs voient leur charge de travail augmenter sans prise en compte des heures supplémentaires réalisées et sans compensation financière ou en temps de repos.

Dialogue social en panne : La suppression fin 2014 des paniers repas pour les salariés en mission et le remplacement des tickets restaurant papier par le ticket restaurant électronique prévu en 2015 ont été imposés par la Direction sans prise en compte des demandes des Représentants du Personnel. Ces décisions illustrent le mode de fonctionnement habituel de l’entreprise pour répondre aux attentes de ses salariés et provoquent chez ces derniers des réactions de refus et de mécontentement qui sont à l’origine du conflit social et des arrêts de travail du 30 janvier.