Après le meurtre d'un travailleur social, grève dans le secteur le 2 avril 2015

Publié le 26/03/2015 à 15H37
Jeudi 19 mars dernier, c'est avec stupeur, incompréhension, tristesse et colère, que les organisations syndicales du secteur, dont la CFDT ont appris la mort d’un Éducateur Spécialisé du Service Social de Protection de l’Enfance dans l’exercice de ses fonctions. Pour ces organisations, la mort de cet éducateur n’est pas un fait divers. Elles dénonçons l’absence de reconnaissance à la hauteur de l’enjeu par les pouvoirs publics de ce drame professionnel. Pour rendre hommage, sensibiliser les pouvoirs publics et revendiquer les moyens nécessaires, elles appellent à la grève le 2 avril 2015

Jacques devait encadrer une visite médiatisée dans son service entre une fillette de 4 ans et son père. Celui-ci est
arrivé pour s’en prendre à son ex-compagne. Jacques s’est interposé pour protéger la mère. Le père lui a alors
asséné un coup de couteau mortel.

 Les collègues de Jacques, très choqués, n’ont pas pu reprendre le travail pour l’instant. Une cellule
psychologique a été mise à leur disposition. Le vendredi 20 mars, une centaine de travailleurs sociaux s’est
rassemblée devant le palais de Justice de Nantes pour rendre un dernier hommage à leur collègue tué pour vouloir
protéger… Lundi 23 mars, un nouveau rassemblement de soutien a eu lieu avec environ 600 personnes.

Ce drame questionne les conditions d’exercice du travail social en France comme en Loire-Atlantique. Les
salariés du social des secteurs Public et Privé du département travaillent de plus en plus dans l’urgence. La charge
de travail augmente d’années en années avec des budgets de plus en plus contraints. Ils sont trop souvent la cible d’insultes, de menaces et d’agressions de la part des publics en difficulté qu’ils accompagnent.
Leur expertise professionnelle n’est pas suffisamment prise en compte par les institutions. Ils alertent régulièrement, leur hiérarchie, en vain, pour disposer de vrais moyens humains et financiers indispensables à des organisations de travail de qualité.
La mort de ce travailleur social ne doit pas être assimilée à un « risque du métier » et exige des réponses
immédiates et concrètes en matière de sécurité et de conditions de travail des personnels.

COMMENT PROTEGER LES PUBLICS VULNERABLES SANS SE SENTIR SOI-MÊME EN SECURITE ?
Les salariés du travail social revendiquent :

- Des moyens financiers et humains pour les institutions afin de mener à bien les missions confiées (Social,
Justice, ARS)
- La considération et la reconnaissance des métiers et des travailleurs du social : par exemple, le projet de
réforme actuel des métiers du travail social vient à l’encontre de cette reconnaissance en réduisant la
formation et la valeur du diplôme.