Saint Nazaire : la CFDT dit NON aux licenciements !

Publié le 21/02/2012 à 00H00
Dans un contexte de fermeture d'entreprises et de graves menaces sur d'autres, l'Union Locale CFDT a participé à une grande manifestation le 14 février 2012.
Saint Nazaire : la CFDT dit NON aux licenciements !
Saint Nazaire : la CFDT dit NON aux licenciements !
Dans un contexte de fermeture d'entreprises et de graves menaces sur d'autres, l'Union Locale CFDT a participé à une grande manifestation le 14 février 2012.

De Juin 2009 à juin 2010 la population des intérimaires et des sous traitants de la navale a perdu 4000 équivalent temps plein.
•7 juillet 2011 : fermeture de BS Vision et licenciement de tous les salariés,
•2012 : Chantiers Baudet 92 salariés et SMCO 82 salariés, 2 entreprises en très grandes difficultés,
•Des menaces sur SMCN, déjà 9 salariés licenciés.

Et demain, à qui le tour ?

Saint-Nazaire est durement touchée au travers de la filière navale et de ses sous traitants. Les salariés font l’actualité contraints et forcés, en défendant courageusement leur emploi. Des salariés en colère contre leurs employeurs qui n’ont pas réussi la diversification de leurs activités. Des salariés en colère aussi contre STX, un des principaux donneurs d’ordre sur le bassin d’emploi qui étrangle les sous traitants.

La crise n’est pas seule responsable de la situation ! Il faut s’interroger sur le rôle du donneur d’ordre qui ne raisonne qu’en termes économiques et de réductions de coûts avec à la clef des destructions massives d’emplois dans les PME quand ce n’est pas une fermeture définitive.
La filiale STX Cabins subit aussi les pressions de la maison mère qui l'étrangle en imposant des prix qui ne sont pas tenables.
D’autres PME sur le bassin de Saint-Nazaire sont aussi dans une situation fragile avec de sérieuses craintes pour l’emploi. Elles risquent de faire l’actualité prochainement.
La CFDT pointe la responsabilité des Chantiers. Oui, ils ont une large part de responsabilité dans les défaillances chez Baudet et SMCO mais n'oublions pas aussi la responsabilité des Directions de ces entreprises.
Selon le Conseil Régional, le groupe Hervé annonce le reclassement possible de 30 salariés SMCO dans les entreprises nazairiennes du groupe. Dans cette hypothèse, il en restera encore 52 sur le bord de la route. Ils ne seront pas reclassés chez SMCN qui vient de licencier 9 salariés.

C’est pourquoi la CFDT dit et redit : « NON aux licenciements ! ».

En mars 2010 déjà, avec le manque de commandes, la CFDT interpellait les entreprises sous-traitantes pour tout mettre en œuvre afin d’éviter les licenciements et rechercher des solutions par le biais des formations et de la diversification.
Pour les Chantiers BAUDET : Une Direction qui ne semble pas à la hauteur. Qu'a t'elle fait pour la diversification et ne pas dépendre totalement des commandes STX ?
SMCO : Que fait le groupe Hervé Thermique pour soutenir ses activités liées à la Navale ? Il doit prendre ses responsabilités et mettre des moyens financiers vis-à-vis des salariés et de leur famille.
La CFDT ne peut pas se limiter à une contestation des licenciements. Elle exige la tenue d’une table ronde très large pour sauver ces entreprises et leurs salariés. Il y a des compétences et des outils de travail performants à préserver.

La tenue d'une table ronde est un passage obligé, un travail de long terme pour :

  • Amorcer un travail en filière, seul moyen de peser face à des donneurs d’ordre incontournables,
  • Adapter les compétences des salariés (marché des EMR),
  • Etudier la taille critique des sous-traitants,
  • Aider les sous traitants à se diversifier.

Une table ronde qui ne se limite pas aux interlocuteurs habituels : Sous Préfet, Organisation Syndicales et Direction du Travail. STX doit participer à cette table ronde, avec les autres grands donneurs d’ordre sur le bassin d'emploi (Total, Airbus). La Carène (communauté d'agglomération), le Conseil Régional et Néopolia ont des compétences économiques, ils doivent aussi y être associés.
La présence des représentants des Organisations Patronales, pas seulement de la métallurgie, est indispensable. Elles aussi sont responsables de la situation. Le Tribunal de Commerce a scellé le sort de SMCO. Est ce que tout a été mis en œuvre pour éviter une fermeture ?
Deux mois pour trouver une solution viable à ces 2 entreprises, SMCO et Baudet, ce n'est pas suffisant pour sauver les emplois et rattraper 3 ans de laxisme patronal. Il faut des délais supplémentaires pour regarder sérieusement toutes les solutions de reprise et de reclassement. Le recours à la main d’œuvre étrangère ne doit pas être la seule alternative pour avoir des entreprises compétitives, même si ces salariés en question sont pour la plupart eux-mêmes victimes de ce système, le recours à la main d’œuvre étrangère ne doit pas être la seule condition pour être retenu dans les appels d’offres. La capacité d’innover, de s’organiser, l’investissement nécessaire des différentes directions d’entreprises doivent permettre de faire travailler en priorité les salariés du bassin.
D'autres entreprises locales (La Sofreba, Les Ateliers du Marais) en sont la preuve et s'en sortent en respectant la législation.
Attention aux boucs émissaires. La CFDT appelle à ne pas stigmatiser les salariés venant d'autres pays. Ce sont des salariés comme nous, avec des familles à faire vivre. Ils sont aussi victimes des patrons qui utilisent les faiblesses politiques de l'Europe pour nous mettre en concurrence sur le statut, le temps de travail, les salaires ou la protection sociale.
Il faut une démarche européenne, la CFDT en est convaincue pour combattre le dumping social entre les Etats par l’établissement d’un socle social européen pour des emplois de qualité pour tous et plus de solidarité.
La CFDT revendique un syndicalisme efficace porteur d'avenir et capable d'engranger des résultats pour les salariés. La CFDT est et restera aux côtés des salariés, et, avec eux, elle mettra tout en œuvre pour éviter la casse sociale.