Le SGEN CFDT Pays de Loire et la formation des enseignants

Publié le 03/06/2010 à 00H00
Le réforme de la formation des enseignants constitue au moins 3 mauvais coups contre le système éducatif.
Le SGEN CFDT Pays de Loire et la formation des enseignants
Le SGEN CFDT Pays de Loire et la formation des enseignants
Le réforme de la formation des enseignants constitue au moins 3 mauvais coups contre le système éducatif.

Premier mauvais coup : contre les élèves.
On a d’abord supprimé la formation habituelle des enseignants sans se donner le temps d’en mettre une nouvelle en place.
Nous aurons donc en septembre, des enseignants sans formation pédagogique en responsabilité dans les classes. Pour l’enseignement public, ce sera le cas pour 210 enseignants de collèges et lycées de l’académie et pour 11 Conseillers Principaux d’Education. Ce phénomène sera identique dans l’enseignement privé.
Il faudra attendre 2 ans, pour que les masters (diplôme universitaire bac + 5) avec « mention enseignement » soient obtenus par des enseignants. De plus, il est à craindre que le contenu de ces masters soit déconnecté des besoins des élèves.

Deuxième mauvais coup : contre les enseignants débutants.
Les enseignants seront directement envoyés face aux élèves avec seulement une formation disciplinaire certes de haut niveau, mais qui ne leur suffira pas pour enseigner. Aucune formation préalable n’est prévue pour leur permettre d’assumer les dimensions didactique (comment organiser les connaissances pour les rendre accessibles aux élèves) et éducatives (comment organiser sa classe et prendre sa place dans l’établissement). Nous pouvons craindre que ces enseignants oscillent entre abandon et résignation. Quel mauvais départ pour une carrière !
On aurait pu espérer que des décharges de service permettraient aux enseignant de se former comme c’est le cas, par exemple, dans l’académie de Bordeaux..
Mais le Recteur de l’académie de Nantes adopte la politique du pire. La formation des stagiaires enseignants de 1ère année, est prévue en plus de l’exercice du métier à temps plein.

Troisième mauvais coup, contre tout changement dans l’éducation nationale
Le récent rapport de la cour des comptes pointe les insuffisances de notre système éducatif, en particulier en direction des élèves les plus en difficulté. Des changements de pratiques sont incontournables. C’est au moment où la formation serait indispensable, que le ministère décide de gagner 16000 postes sur ce chapitre. C’est au moment où il faudrait examiner ce qui ne marche pas que le ministère porte aux nues la notion de compagnonnage (avec un enseignant tuteur). Le risque est la transmission à l’identique de pratiques sans une vraie formation pédagogique. Au passage, la formation continue n’est pas mieux traitée et les crédits sont en baisse de 30 %.

C’est pourquoi, il faut revoir cette réforme dans l’intérêt des élèves et des enseignants