Action à la Serre des 3 moulins pour les saisonniers de l'agriculture

Publié le 15/05/2011 à 00H00 (mis à jour le 01/06/2011 à 07H49)
Le Syndicat de la Transformation Agroalimentaire et de la Production de Loire Atlantique a inscrit dans son programme une action envers les saisonniers en agriculture en lien avec a FGA et les syndicats de la région des Pays de la Loire.
Action à la Serre des 3 moulins pour les saisonniers de l'agriculture
Action à la Serre des 3 moulins pour les saisonniers de l'agriculture
Le Syndicat de la Transformation Agroalimentaire et de la Production de Loire Atlantique a inscrit dans son programme une action envers les saisonniers en agriculture en lien avec a FGA et les syndicats de la région des Pays de la Loire.

Cette action s’est déroulée en complémentarité avec la tournée du bus confédéral. Elle devait permettre d’aller à la rencontre des travailleurs agricoles à d’autres moments que l’été, quand la saisonnalité bat son plein.


Le 21 avril dernier, la première «action saisonniers» a eu lieu aux Serres des 3 Moulins en Loire-Atlantique au moment de la récolte du muguet.

Une bonne vingtaine de militants du syndicat Transformation Agroalimentaire 44, de la FGA, du Syndicat Général Agroalimentaire 49 mais aussi de l’Union Départementale 44 sont allés à la rencontre de 1000 travailleurs saisonniers de l’exploitation afin de les renseigner sur leurs droits (grille de salaire, temps de travail, contrats, nouvelles dispositions sur l’indemnisation chômage, droits des travailleurs migrants…).


Alors qu’ils s’attendaient à trouver beaucoup d’étudiants en CDD ou de personnes venues «faire» le muguet par tradition, nous avons été très surpris de découvrir une très forte majorité de migrants (principalement africains, demandeurs d’asile ou venus spécialement), mais aussi un nombre non négligeable de retraités qui n’ont d’autre choix pour vivre décemment que de continuer à travailler parfois bien au-delà de l’âge de la retraite.

Une fois sur leur lieu de travail, il a été difficile de beaucoup échanger avec eux tant ils semblaient craindre des représailles de leur employeur. Il faudra à l’avenir essayer de les joindre non seulement sur leur exploitation, mais aussi dans un autre cadre (sur les lieux où ils logent ou bien où ils ont l’habitude de se rencontrer), afin de connaître plus précisément leur contrat de travail, s’ils ont trouvé cet emploi par l’intermédiaire d’un prestataire de service européen, leurs conditions de logement, le taux horaire auquel ils sont rémunérés…


Bien que nos tracts aient été avant tout informatifs, l’employeur n’a pas apprécié notre action et avait d’emblée averti la gendarmerie, après que nous l’ayons prévenu de notre arrivée par courrier. Il a eu des propos parfois très agressifs, allant même jusqu’à bousculer une militante. De tels agissements laissent supposer la considération que ce patron porte à ses salariés. La confidence d’un saisonnier rencontré en arrivant et «viré» sur le champ, sans préavis, car il n’était pas assez rapide, est venue confirmer notre intuition.


Cette «action saisonniers», la première de ce type en Loire-Atlantique, a été un vrai succès et riche d’enseignements. Les militants ont vécu des moments forts. Le syndicat de la transformation Agroalimentaire 44 a déjà eu quelques retours de travailleurs rencontrés, ce jour-là, grâce au tract et au guide saisonnier, qui ont été distribués. Les acteurs du jour se sont déjà promis de recommencer l’année prochaine, en réfléchissant à modifier peut-être l’approche, afin d’être encore plus efficaces en termes d’information et de conseil auprès de ces travailleurs dont la précarité est la première fragilité.